Le fusil de Jean Chastel
Initialement "à silex", ce fusil a été transformé en fusil "à piston" (cf.Pourcher) "canons en trois pièces d'inégale longueur" : Les deux canons juxtaposés, sont d'égale longueur. L'inégalité dont parle l'abbé Pourcher concerne la baguette servant au chargement de l'arme et son logement, placés au-dessous d'eux et un peu plus courts. Dimensions de la plaque (légèrement ovale) au nom de JEAN CHASTEL, 3,5 cm sur 3 cm (elle se lit depuis l'avant du fusil et se trouve derrière les anneaux signalés ci-dessous.) Deux anneaux de cuivre ceinturent la poignée de la crosse, victime d'une fracture : le plus proche de la platine a 1 cm de large, l'autre 2 cm (ils sont fixés par de petits clous, dessus et dessous). Inscriptions gravées sur les platines : à gauche, bien lisible, "à Saugues"; à droite et très difficile à déchiffrer : "...ouest L." Il faut beaucoup d'imagination pour lire "Bymanet Louis" comme indiqué par Pourcher en page 1027 de son ouvrage sur la Bête ! Le "L" majuscule peut de son côté signifier : Louis, certes, mais aussi Lucien, Léon, Laurent... "Roses avec feuilles sur le pontet, et les platines" : oui ! Très belles ! Plaques métallique de talon de crosse : 10 cm de long sur le dessus et 11 cm en vertivale. La crosse est "marquetée à la mode des sabots du pays", selon l'expression de l'abbé. Observations : 1 - Le dispositif de fixation du pontet à l'arme est très beau, un peu plus long, c'est normal côté crosse que côté canon. Propriétaires successifs du célèbre fusil : Jean Chastel (1708 - 1789) C'est avec cette arme qu'il tua la Bête du Gévaudan, le 19 juin 1767 à la Sogne d'Auvers, en forêt de la Tenezeyre, près du Mont Mouchet. Le Marquis d'Apcher (1748 - 1789) Il achète le fusil de Chastel peu après (cf. le certificat établi par Joseph Plantin, maire de Saint Julien des Chazes, pour l'abbé Pourcher le 4 décembre 1888) : ... C'est le fusil qui tua la Bête du Gévaudan ... Lorsque le seigneur d'Apcher... apprit que l'artisan Jean Chastel avait tué la Bête (il) le fit appeler et lui glissa la pièce afin qu'il le laissa glorifier de l'honneur de lui l'avoir tuée. L'affaire n'a pu se passer en secret, se dévoila, et échoua... C'est alors que le seigneur lui acheta son fusil... Pierre Duffau, de Vereugues, commune de saint Julien des Chazes (Hautes-Loire) (cf. même document que ci-dessus) : "... le défunt père Duffaud l'acquit directement à la déchéance de ce seigneur..". Certainement fin 1791, ou courant 1792. François Duffaud, petit-fils du précédent, a hérité du fusil. "... Mon grand-père qui était Pierre Duffaud avait acheté le fusil qui vous a été envoyé au seigneur d'Apcher ..." (Lettre à l'abbé Pourcher du 17 décembre 1888). Un poseur de voies au P.L.M. Mouton de Saint Julien des Chazes, achète l'arme pour le compte de l'abbé Pourcher début décembre 1888. (cf. lettre de mouton à Pourcher du 5 décembre 1888) : "... je viens de terminer la commission et traiter d'après les ordres que vous m'avez donné d'acheter le fusil qui avait tué la Bête du Gévaudan ...". A la mort de l'abbé, le 3 mars 1915, sa nièce, Maria, hérite notamment du fusil et le conserve jusqu'en février 1929, date à laquelle elle le vend à un descandant de François Antoine (le porte-arquebusier de Louix XV) pour la somme de 1200 francs. L'arme est depuis conservée dans sa famille. |
La plaquette (format .pdf) éditée lors de l'exposition du fusil au malzieu, le 4 août 2011 |
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